header small

L’Oméga de ma jeunesse. Catinat (région d’El Milia)

Michel Vinzant (04 77 22 22 49), 2008, 20 €
A l’âge de vingt ans, en 1958, l’auteur est affecté en Algérie (l’Est algérien, en petite Kabylie) pour effectuer son service militaire.

Alors qu’il avait voulu absolument baisser le rideau de l’oubli sur cette période, il éprouve maintenant le besoin de porter témoignage sur les mois passés dans une unité combattante, en 1959-1960, et sur le comportement des appelés lors de la guerre d’Algérie. Il s’insurge aussi contre certains médias ou films qui axent le conflit sur le problème de la torture. La guerre est horrible, écrit-il, et seuls ceux qui l’ont faite peuvent en parler en connaissance de cause. Il rappelle que le danger était partout, entre le maintien de l’ordre ou la garde des édifices dans les grandes villes et les opérations militaires et embuscades dans les bleds.

Mars 1959, Michel Vinzant embarque avec ses camarades sur le Maréchal Joffre à Marseille. Le voila à Philippeville, à El Milia, puis à Catinat, au 23ème RI, comme fantassin. S’enchainent les pages qui révèlent ce qu’a vraiment été cette guerre : ses combats, ses embuscades, ses patrouilles, le crapahutage, les difficiles conditions de vie ; les camarades blessés, morts, faits prisonniers ; les grandes opérations, le plan Challe, les héliportages ; la venue du général de Gaulle à Catinat, début mars 1960, en tournée des popotes. Le récit conte aussi le lancinant déroulement des jours, des nuits, avec leurs angoisses, la peur, la fatigue ; l’ennui parfois et la nostalgie des jours de jeunesse perdue. De nombreuses réflexions restituent le kaléidoscope des émotions intenses qu’ont éprouvées les jeunes appelés en présence d’une réalité souvent sordide.

Michel Vinzant, dont le récit est très détaillé, très documenté, opte pour un ton volontairement dépouillé. Il évite les jugements tranchés, les partis pris agressifs, mais on devine l’émotion contenue, l’affleurement de blessures mal cicatrisées, le souci de défendre son honneur et celui de ses compagnons. Pour raviver ses souvenirs, pour étayer sa thèse, il s’est appuyé sur d’autres témoignages, il énumère de nombreux articles, textes, revues, parus sur cette période. Des illustrations, des photos émaillent les passages du livre, le rendant plus authentique encore. Et, les chiffres cités parlent d’eux-mêmes !

L’ouvrage se termine par un historique, lui aussi très précis, des principaux évènements qui se sont produits dans cette région. Sa conclusion personnelle : la guerre, parce qu’elle déborde parfois les interdits les plus sacrés des sociétés humaines, est difficile à raconter… Pour ma part, je peux dire que j’ai servi avec honneur et que j’ai la conscience tranquille.

Beaucoup de pudeur et de retenue voulue dans ses mémoires ; pourtant, ou de ce fait, un témoignage parlant et émouvant sur un conflit qu’on ne devrait plus passer sous silence.

Jeannine Ockly
Responsable du groupe de lecture de l’APA

Les écrivains combattantsLes Écrivains Combattantsapollinaire

18, rue de Vézelay 75008 PARIS - Tél : 01 53 89 04 37 - Fax : 01 53 89 04 00
aec(a)unc.fr
Relations | Mentions légales | Contact | Plan du site
Création du site internet Com' C'est Simple Agence de communication 91Com' C'est Simple !

Les Écrivains Combattants

18, rue de Vézelay 75008 PARIS - Tél : 01 53 89 04 37 - Fax : 01 53 89 04 00
aec(a)unc.fr
Mentions légales | Contact | Plan du site | Création Com' C'est Simple Agence de communication 91Com' C'est Simple !